CANNIBALE PELUCHE

12 avril 2018

Les CANNIBALES SÉANCES de mars à juin 2018

ALLÉLUIA

Un film de Fabrice du WELZ (Belgique/France, 2014)

93 min./DCP/Drame criminel

Gloria fait la connaissance de Michel sur un site de rencontres. Le séduisant vendeur de chaussures est un escroc qui abuse ses conquêtes, elle décide pourtant par amour de devenir sa complice.

Une plongée dans l'enfer passionnel filmée dans un Super 16 organique, entre crudité naturaliste et visions mentales incandescentes.

Séance unique en partenariat avec le Cinéma Le Studio JEUDI 15 MARS // 20h30 / Int. - 16 ans

Alléluia

 

LA BARRIÈRE DE CHAIR

Un film de Seijun SUZUKI (Japon, 1964)

90 min./DCP/vostf/Drame érotique

Cinq prostituées tentent de survivre dans le Japon sous occupation américaine. Quand un ancien caporal se mêle à leur quotidien, malheur à celle qui trahit les règles du clan.

Une adaptation du roman de Taijirō Tamura irradiant du génie de Suzuki l'insoumis à entrelacer onirisme et hyperréalisme, érotisme suffocant et regard politique acerbe.

Séance présentée par Cannibale Peluche MARDI 3 AVRIL // 20h30
Film proposé par le Cinéma Le Studio du 28 MARS au 10 AVRIL 2018 / Int. - 12 ans

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MEMORIES OF MURDER

Un film de BONG Joon-ho (Corée du Sud, 2003)

131 min./DCP/vostf/Policier

1986, province de Gyunggi. Deux inspecteurs frustes et un enquêteur de Séoul traquent un meurtrier et violeur en série. D'indices douteux en fausses pistes improbables, les tensions s'exacerbent au sein de l'équipe.

D'après une pièce de Kim Kwang-rim, un ton nouveau dans le polar, où critique sociopolitique et brutalité d'un burlesque acide se teintent d'une obsédante mélancolie.

Séance présentée par Les Ancres Noires & Cannibale Peluche VENDREDI 18 MAI // 20h30
Film proposé par le Cinéma Le Studio du 18 MAI au 5 JUIN 2018

Memories of Murder

 

SÉANCE SPÉCIALE DANS LE CADRE DU FESTIVAL "LE BRUIT DES MOTS" - FESTIVAL TOUT PUBLIC DE LA PAROLE ET DE L'EXPRESSION PROPOSÉ PAR LA VILLE D'HARFLEUR

LA TOUR AU-DELÀ DES NUAGES

Un film de Makoto SHINKAI (Japon, 2004)

91 min./HD/Animation/Science-fiction

1974. Le Japon est divisé en deux. Si l’île d’Hokkaido est occupée par l’Union, le reste du pays est allié au Etats-Unis. Une tour, dont le sommet se perd dans les cieux, est alors construite par l’Union. Deux amis, Hiroki et Takuya, rénovent un avion afin de realiser leur rêve : atteindre le sommet de la tour au dela des nuages. Une fille mystérieuse prénommée Sayuri se joint aux deux adolescents qui lui promettent de l’emmener avec eux voir la tour.

L’aventure s’arrête brusquement le jour où la jeune fille disparaît sans laisser de traces. La promesse est rompue, Hiroki et Takuya abandonnent leur projet et se séparent pour suivre chacun leur route. Devenus adultes, il seront a nouveau reunis par le destin, mais leur relation n’est plus la même...

Séance unique présentée par Cannibale Peluche en partenariat avec le Service Culturel de la Ville d'Harfleur. Centre associatif et culturel La Forge SAMEDI 26 MAI // 17h00

The Place Promised in Our Early Days 1

 

DOUBLE PROGRAMME "HÉROÏNES POP" VENDREDI 8 JUIN 2018 // 18H30 & 21H00 

QUI VEUT TUER JESSIE ?

Un film de Václav Vorlíček (Tchécoslovaquie, 1966)

80 min./DCP/vostf/Science-fiction parodique

Tandis qu'un savant frustré rêve d'une pulpeuse héroïne de BD dont l'invention est convoitée par un Superman en toc et un cow-boy rabougri, son épouse teste un procédé pour agir sur les songes... et aboutit à leur matérialisation.

Satire de la culture pop et de la répression en république socialiste, cette comédie loufoque interrogeait la manipulation des rêves et leur porosité avec le réel 40 ans avant Paprika et Inception.

Séance unique en partenariat avec le Cinéma Le Studio  VENDREDI 8 JUIN // 18h30

Qui veut tuer Jessie


FASTER, PUSSYCAT! KILL! KILL!

Un film de Russ MEYER (États-Unis, 1966)

84 min./DCP/vostf/Exploitation

Trois go-go danseuses en virée enlèvent une jeune fille de bonne famille après avoir tué son compagnon. Elle font halte chez un vieil homme, censément fortuné, et ses deux fils.

Sexy et amoral, le trio d'amazones mené par l'iconique Tura Satana révélait un auteur singulier, obsédé par les fantasmes et dérèglements de l'Amérique rurale.

Séance unique en partenariat avec le Cinéma Le Studio  VENDREDI 8 JUIN // 21h00 / Int. - 16 ans

Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !


23 mars 2018

LA BARRIÈRE DE CHAIR de Seijun SUZUKI (1964) - Présentation MARDI 3 AVRIL 2018 // 20H30

Séance présentée par Cannibale Peluche MARDI 3 AVRIL à 20h30
Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche le soir de la présentation : 2 €.
Film projeté du 28 MARS AU 10 AVRIL 2018 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)

Affiche La Barrière de chair

LA BARRIÈRE DE CHAIR
[Nikutai no mon]
Un film de Seijun SUZUKI (Japon, 1964)
90 min / DCP / vostf / Drame érotique / Interdit - 12 ans
Production : Kaneo Iwai
Scénario : Gorō Tanada, d'après le roman de Taijirō Tamura : Nikutai no mon (1947)
Directeur de la photographie : Shigeyoshi Mine
Lumière : Aizo Kono
Décors : Takeo Kimura
Montage : Ko Suzuki
Musique : Naozumi Yamamoto
Avec Yumiko Nogawa (Maya), Satako Kasai (Sen), Kayo Matsuo (Omino), Tomiko Ishii (O-Roku la Dérive), Misako Tominaga (Machiko), Jo Shishidō (Shintaro Ibuki), Kōji Wada (Abe), Isao Tamagawa (Horidome), Chico Roland (le pasteur noir)...
Distributeur : Splendor Films

Dans le Tokyo dévasté et sous occupation américaine de l'après-guerre, un petit groupe de prostituées fait reposer sa survie sur des règles drastiques telles que la défense de son territoire et, surtout, l'interdiction d'offrir son corps en l'absence de rémunération. L'irruption d'un ancien caporal devenu voyou dans le quotidien des cinq femmes va attiser en elles un désir irrépressible, dont l'assouvissement ne peut qu'entraîner un châtiment violent suivi du bannissement du clan.

« EN DEVENANT HUMAINE, JE SERAI CHASSÉE DE LA CAVE.
  DEVENUE FEMME, JE SERAI TRAITÉE EN PARIA. »

Produit et distribué par la Nikkatsu, le plus ancien studio japonais, en réaction à l'irrésistible émergence des « eroductions » ou « pinku eiga » (productions érotiques indépendantes à faible budget) qui drainaient dans les salles un public masculin avide de spectacles (relativement) affranchis du tabou de la nudité à l'écran, La Barrière de chair s'avéra à sa sortie le film le plus explicite en matière de sexualité et de sadisme jamais réalisé au sein d'une grande compagnie locale. Si, rétrospectivement, ses audaces graphiques et son extrême stylisation annoncent avec sept ans d'avance le label Roman Porno de la Nikkatsu au point d'y être parfois assimilé et d'avoir bénéficié en 1990 d'une diffusion en France accolé à quatre classiques du genre, il faut remonter à la fin des années 40 pour retracer l'origine de ce film sidérant dont l'inventivité formelle et le propos contestataire excèdent les stricts appas sulfureux. Plus précisément à la publication en 1947 du roman (inédit en France) de Taijirō Tamura Nikutai no mon, laquelle fut rapidement suivie d'une transposition au théatre, puis d'une première adaptation à l'écran réalisée par Masahiro Makino et Masafusa Ozaki en 1948.

Seijun Suzuki, cinéaste aguerri et rompu aux cadences soutenues du studio (il tourne alors en moyenne trois films par an) trouve dans cette nouvelle version – la plus célébrée et la seule à avoir connu une distribution en Occident – l'opportunité de prolonger les expérimentations plastiques et narratives, marques d'un style personnel volontiers outré et se jouant des genres, qui se faisaient jour dans Détective Bureau 2-3 (1963) et sa suite le violent La Jeunesse de la bête (1963), véritable mise en abyme et déconstruction du polar nippon. Le contexte de grande misère, de combines périlleuses improvisées au jour le jour dans un Japon humilié et soumis à l'arbitraire des forces armées américaines, pouvait se prêter à un drame misérabiliste teinté de voyeurisme hypocrite. Rien de tel, pourtant, chez Suzuki que sa croyance en les possibilités visuelles et sonores du cinéma autorise à faire cohabiter des esthétiques a priori inconciliables. D'une force saisissante dans son approche « documentaire » de ce quart-monde où basse pègre et tapineuses à l’affût du micheton s'agglutinent dans des allées étranglées, le film revendique par contraste une théâtralité prégnante jusqu'à user ostensiblement d'artifices scéniques et évoquer à plusieurs reprises une comédie musicale.

C'est dans cet univers paradoxal, accablé et suffocant mais intensément vivant et désirant, où les pulsions de laissés-pour-compte rabaissés au rang de purs êtres de survie et d’instincts saturent l'écran de couleurs vives, de surimpressions fantasmatiques et de gros plans de corps ruisselants de sueur, que se débattent les antihéroïnes aux robes unies de La Barrière de chair. Fleurs trop éclatantes écloses dans la jungle de la défaite, la ruine morale et matérielle du pays les a réduites à l'état de fantômes de chair, de taches de couleur titubant dans les artères d'un labyrinthe dentelé, quand elles ne se terrent pas pareilles à des « taupes » (ainsi que les qualifie le caporal démobilisé) dans le sous-sol d'un bâtiment délabré. Tour à tour loubardes cyniques provoquant passants comme yakuzas, « professionnelles » intraitables, furies sadiques dévorées par la frustration ou midinettes aux petits soins pour un hors-la-loi viril dont la brutalité désenchantée et sans horizon agit en miroir de leur rapport au monde, leur flamboyance ne saurait pourtant masquer le fait qu'elles ont renoncé à leur individualité par soumission à la loi du groupe. Régies par le sacrifice de soi au profit de la cohésion d'un ensemble, jusque dans la violence ritualisée et réminiscente des punitions corporelles pratiquées durant le shogunat qu'elles exercent sur les « traîtresses » à leur communauté, elles reproduisent à leur échelle les structures coercitives d'une société qui les a conduites à vendre leur corps. Leurs interrogations quant à la répression de leurs aspirations propres et à une possible émancipation des modèles ancestraux, quitte à devenir paria parmi les parias, font écho aux doutes qui traversent la société japonaise en ce début d'années 60, tout autant qu'au credo de Seijun Suzuki, cinéaste rebelle dont l'insubordination lui vaudra d'être blacklisté par l'ensemble des studios de 1967 à 1977.

Le roman de Taijirō Tamura sera à nouveau adapté pour la Nikkatsu en 1977 par Shōgorō Nishimura, artisan prolifique du Roman Porno, puis en 1988 par Hideo Gosha dans le cadre d'une production Toei (Nikutai no mon/Carmen 1945).

Film projeté du 28 MARS AU 10 AVRIL 2018 au Cinéma LE STUDIO.

Autres séances : Mercredi 28 mars /16h30, Jeudi 29 mars/18h30, Samedi 31 mars/16h30, Dimanche 1er avril/18h30, Mercredi 4 avril/18h30, Jeudi 5 avril/20h30, Vendredi 6 avril/18h30, Samedi 7 avril/20h30, Dimanche 8 avril/16h30, Mardi 10 avril/18h30.

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Barrière de chair

10 mars 2018

ALLÉLUIA de Fabrice DU WELZ (2014) - Séance unique JEUDI 15 MARS 2018

Séance unique présentée par Cannibale Peluche JEUDI 15 MARS 2018 à 20h30 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)
Tarifs : 6,50 € ; tr : 5,50 € ; étudiants : 3 € ; adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche : 2 €.

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ALLÉLUIA

Un film de Fabrice du Welz
Belgique-France/2014/90 min/DCP/Drame criminel/Interdit - 16 ans
Production :  Vincent Tavier pour Panique !, Clément Miserez, Matthieu Warter pour Radar Films, Bart Van Langendonck pour Savage Film
Scénario : Fabrice du Welz, Vincent Tavier
Adaptation et dialogues : Romain Protat
Photographie  : Manu Dacosse
Montage : Anne-Laure Guégan
Musique : Vincent Cahay
Avec : Lola Dueñas (Gloria), Laurent Lucas (Michel Belmer), Héléna Noguerra (Solange), Édith Le Merdy (Marguerite), Anne-Marie Loop (Gabriella), Pili Groyne (Eve), Stéphane Bissot (Madeleine), Sorenza Mollica (Monique), David Murgia (Père Luis)...
Distribution salles : Carlotta Films

Quadragénaire timide et mère célibataire, Gloria fait la connaissance de Michel sur un site de rencontres. Dupée au lendemain de leur première nuit, elle réalise que le séduisant vendeur de chaussures est un petit escroc qui abuse de la vulnérabilité affective de ses conquêtes. Elle décide par amour de devenir sa complice et de se faire passer pour sa sœur auprès de leurs futures victimes.

Après Leonard Kastle (Les Tueurs de la lune de miel, 1970) et Arturo Ripstein (Carmin profond, 1996), Fabrice du Welz consacre le deuxième volet d'une "trilogie ardennaise" entamée avec Calvaire (2004) à la dissection des affres sanglantes d'un couple inspiré par Martha Beck et Raymond Fernandez, les « Lonely Hearts Killers » ou « Tueurs aux petites annonces » qui sévirent aux États-Unis entre 1947 et 1949. Une plongée au cœur d'un enfer passionnel et criminel filmée dans un saisissant Super 16mm organique, entre crudité naturaliste et visions mentales incandescentes.

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18 janvier 2018

SOME CALL IT LOVING (SLEEPING BEAUTY) de James B. HARRIS (1973) - Présentation MARDI 23 JANVIER 2018//20h30

Séance présentée par Cannibale Peluche MARDI 23 JANVIER à 20h30
Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche le soir de la présentation : 2 €.
Film projeté du 17 AU 30 JANVIER 2018 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)

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SOME CALL IT LOVING (SLEEPING BEAUTY)
Un film de James B. HARRIS (États-Unis, 1973, 103')
Drame onirique/DCP/vostf
Production : James B. Harris, Ramsey Thomas pour James B. Harris Productions et Two World Film
Scénario : James B. Harris, d'après la nouvelle "Sleeping Beauty" (1938) de John Collier 
Photographie : Mario Tosi
Direction artistique : Rodger Maus, Ray Storey
Montage : Paul Jasiukonis
Musique : Richard Hazard
Avec : Zalman King (Robert Troy), Carol White (Scarlett), Tisa Farrow (Jennifer), Richard Pryor (Jeff), Veronica Anderson (Angelica), Logan Ramsey (le médecin de la fête foraine), Brandy Herred (la pom-pom girl)...
Distributeur : Les Films du Camélia

Un saxophoniste de jazz achète dans une fête foraine une attraction inédite : une Belle au bois dormant plongée dans le sommeil depuis huit ans et que seul un baiser peut réveiller. Pour 20 000 dollars, il emporte son acquisition dans un manoir où il se livre à d'étranges jeux de rôles érotiques avec deux femmes.

Producteur de L'Ultime razzia, Les Sentiers de la gloire et Lolita et réalisateur trop rare, James B. Harris aura exploré au fil de ses cinq longs-métrages la complexité de personnages masculins prisonniers de leurs obessions, que celles-ci soient de nature militaire et belliciste (Richard Widmark en capitaine de contre-torpilleur de la marine américaine prêt à déclencher un conflit nucléaire avec un sous-marin russe dans Aux postes de combat/The Bedford Incident), justicière (James Woods en policier dévoré par son enquête dans Cop, première adaptation de l'œuvre de James Ellroy à l'écran) ou criminelle (James Woods, déjà, en gardien de prison à la probité plus que douteuse dans Fast Walking ; Dennis Hopper, amoureux macho et gangster hâbleur enclin au coup de trop dans L'Extrême limite/Boiling Point). Soit autant de figures masculines portées à transgresser les limites légales et morales et, le plus souvent, à commettre l'irréparable afin de plier le monde à leurs aspirations matérielles, idéologiques ou existentielles. 

Pour Robert Troy (Zalman King, futur scénariste de 9 semaines ½ et créateur de la série vidéo et télévisée érotique Red Shoe Diaries), saxophoniste de jazz trop épris de l'univers décadent et hors du monde qui constitue son quotidien, la transgression découle paradoxalement de la quête d'une « normalité » retrouvée, ou enfin conquise. Au gré de ses errances, frustrations et émotions contradictoires se dessine une réflexion bouleversante sur l'indémêlable écheveau des rapports entre réalité et fantasmes.

De la courte nouvelle de John Collier, initialement publiée en 1938 et dont il modifiera sensiblement tant le déroulement que le propos au cours de la rédaction du scénario, Harris tire une fable cruelle et baroque, nimbée d'une image ouatée, baignant dans une atmosphère vénéneuse où décorum et mise en scène occupent une place prépondérante. La sensibilité « européenne » de la direction artistique de Some Call It Loving – le chef-opérateur d'origine italienne Mario Tosi signera trois ans plus tard la photographie teintée d'onirisme de Carrie au bal du diable – décuplée par un goût prononcé pour l'ellipse et le non-dit vouèrent le film à un échec cuisant lors de sa sortie aux Etats-unis, le condammant à une quasi invisiblité dans des conditions correctes et à des retitrages excentriques à l'occasion de ses déplorables éditions en VHS.

Quarante-cinq ans après sa réalisation, cette perle noire réalisée en toute liberté et nourrie des réflexions de James B. Harris sur sa propre vie sentimentale n'a rien perdu de son pouvoir de fascination ni de son caractère dérangeant.

Film projeté du 17 au 30 JANVIER 2018 au STUDIO (3, rue du général Sarrail – Le Havre)

Autres séances : Mercredi 17 janvier/16h30, Vendredi 19 janvier/18h30, Mercredi 24 janvier/18h30, Jeudi 25 janvier/20h30, Dimanche 28 janvier/16h15, Mardi 30 janvier/18h30.

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Pryor Loving

07 novembre 2017

Le Mois du film documentaire 2017 au Havre / 18e édition

Mois du doc 2017

Pour la 18e édition de cette manifestation nationale coordonnée par Images en bibliothèques, six partenaires font vivre le Mois du film documentaire au Havre : l’université Le Havre Normandie, le réseau Lire au Havre, le MuMa, l’association Du grain à démoudre, le Pôle Image Haute-Normandiel’association Cannibale Peluche.

Agenda des 7 films proposés dans le cadre de cette édition (du 7 au 30 novembre 2017) :

Mardi 7 novembre à 19h30

La Sociologue et l'ourson

Un film réalisé par Mathias Théry, Étienne Chaillou

Production : Quark productions
France, 2016
78 minutes, VF 

De septembre 2012 à mai 2013, le projet de loi du Mariage pour tous enflamme la France. Le film se fait l'écho de ces débats, racontés par la sociologue Irène Théry, et mis en scène à travers un cinéma d'ours en peluches, de jouets, de bouts de cartons.

En présence des réalisateurs

ORGANISÉ PAR : Bibliothèque universitaire  Le Havre

Entrée libre. Bibliothèque universitaire – 25, rue Philippe Lebon, 76600 Le Havre

 

Mercredi 8 novembre à 19h00

Au revoir, à bientôt

Un film réalisé par Abdoulayer Diop

Production : Autoproduction
France, 2017
50 minutes, VF

D’Iran, du Mali, ils sont partis pour venir ici, à l’université du Havre, loin des leurs, seuls. Mohamed et Traoré parlent de la famille restée au pays, de leurs parcours, leurs aspirations, des difficultés en tant qu’étudiants étrangers. Avec humilité, ils nous livrent des astuces pour maintenir le contact avec les proches, la galère des formalités et de la vie quotidienne.

En présence du réalisateur (sous réserves)

ORGANISÉ PAR : Université Le Havre Normandie

Entrée libre. Maison de l'étudiant – 50, rue Jean-Jacques Rousseau, 76600 Le Havre

 

Jeudi 9 novembre à 18h00

Gens des blés

Un film réalisé par Harold Vasselin

Production : Le Pays des miroirs
France, 2017
78 minutes, VF

Le blé fait société. Depuis 10 000 ans, la plante domestique évolue avec les sociétés humaines, modelée selon les usages, les formes de production, d’échanges, de citoyenneté. Aujourd’hui la transformation se poursuit : sans cesse de nouveaux blés sont créés.

En présence du réalisateur

ORGANISÉ PAR : Pôle Image Haute-Normandie

Entrée : 4 €. Cinéma le Sirius – 5, rue du Guesclin, 76600 Le Havre

 

Mercredi 15 novembre à 18h00

Luce, à propos de Jean Vigo

Un film réalisé par Leïla Férault-Lévy

Production : La Huit
France, 2016
67 minutes, VF

« Le temps d’une journée, Luce Vigo ouvre pour la première fois à son fils la malle aux archives de ses parents, morts quand elle était enfant. Les mots de Luce retracent la vie de cinéma de Jean Vigo et de ceux qui l’accompagnaient : Stork, Kaufman, Dulac ou Painlevé. De cet héritage, Luce n’en comprit le poids terrible qu’à l’âge de 14 ans. Et elle qui devint ensuite mère et enseignante réussit à en tirer – par la force – une seconde vie de cinéma : la sienne. Une vie passée à défendre les films, à les montrer. » Vincent Poli, catalogue FID 2017

« Luce me présente son fils, je lui parle du projet de film, d’ouvrir la malle et là, j’ai vu ses yeux briller et il m’a dit : “ Ah oui, la malle va s’ouvrir… Quelle chance ! “ » Leïla Férault-Lévy

En présence de la réalisatrice

ORGANISÉ PAR : MuMa Musée d'Art Moderne André Malraux, dans le cadre de MuMaBoX

Entrée libre. MuMa – 2, boulevard Clemenceau, 76600 Le Havre

 

Jeudi 16 novembre à 18h00

Opération Lune

Un film réalisé par William Karel

Production : Point du jour
France, 2002
52 minutes, VOST

Les premiers pas américains sur la lune seraient, selon certaines thèses, une supercherie orchestrée au plus haut niveau. Une réflexion passionnante sur l’utilisation des images, éclairée par d’éminents témoins politiques et scientifiques de l’époque.

ORGANISÉ PAR : Bibliothèque Oscar Niemeyer

Entrée libre. Bibliothèque Oscar Niemeyer 2, place Oscar Niemeyer, 76600 Le Havre

 

Lundi 20 novembre à 18h00

Zaineb n'aime pas la neige

Un film de Kaouther Ben Hania

Tunisie, France, Qatar, Liban, Émirats arabes unis, 2016

94 min

2009. Zaineb, neuf ans, vit à Tunis depuis le décès de son père. Quand sa mère exprime le désir de refaire sa vie avec un homme vivant au Canada qui a aussi une fille, Zaineb ne veut rien savoir. Elle n’a aucune confiance en son beau-père, en ce nouveau pays et elle n’aime pas la neige !

En présence de la réalisatrice

ORGANISÉ PAR : Festival de cinéma Du grain à démoudre

Entrée libre. Espace culturel de la Pointe de Caux – Esplanade de la Pointe de Caux, Avenue Lénine, 76700 Gonfreville-l'Orcher

 

Jeudi 30 novembre à 20h30

Vampir-Cuadecuc

Un film réalisé par Pere Portabella

Production : Films 59
Espagne, 1970
66 minutes, VOST

Filmée dans un noir et blanc opposant lumière éblouissante et ténèbres profondes, une vertigineuse captation expérimentale du tournage des Nuits de Dracula (Jesús Franco, 1970) qui transcende en un geste poétique les catégories de making of et de documentaire.

ORGANISÉ PAR : Association Cannibale Peluche

Entrée : 6 € ; étudiants : 3 € ; adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche : 2 €. Cinéma Le Studio – 3, rue du Général Sarrail, 76600 Le Havre

Le Mois du Film Documentaire

En 2012, la France s'enflamme autour du projet de loi sur le mariage pour tous. Tout le pays en parle. Quoi ? Juste pour quelques unions ? Non, non, non, le débat s'avère complexe et ouvre de nombreuses questions. (...)

http://www.moisdudoc.com


04 octobre 2017

Les CANNIBALES SEANCES de septembre 2017 à janvier 2018

PHASE IV 

Un film de Saul BASS (Grande-Bretagne/États-Unis, 1973) 
DCP/vostf /Science-fiction

Deux scientifiques sont mandatés sur un site en Arizona afin d'élucider l'apparition d'étranges structures et motifs géométriques. Ils découvrent que des événements cosmiques ont permis aux fourmis d'accéder à un stade supérieur d'évolution.

L'unique long-métrage du graphiste Saul Bass, auteur de génériques conceptuels pour Hitchcock ou Scorsese, est le lieu d'une méditation métaphysique et psychédélique qui inverse les rapports de l'Humanité à son environnement.

Présentation/débat MARDI 19 SEPTEMBRE 2017 // 20h30
Film proposé par le Cinéma Le Studio du 13 au 26 SEPTEMBRE 2017

PHASE IV

 

VAMPIR - CUADECUC

Un film de Pere Portabella (Espagne, 1970) 
DCP/vostf /Making of expérimental

Une captation du tournage des Nuits de Dracula, réalisé par Jesús Franco avec Christopher Lee, qui excède toute catégorisation pour devenir un vertigineux film-vampire. Bien plus qu'une plongée documentaire dans les coulisses d'une production d'exploitation, un poème visuel et sonore quasi muet qui revient aux premières adaptions à l'écran du mythe créé par Bram Stoker, tout autant qu'un geste subversif à l'encontre de la dictature franquiste pourrissante.

Séance unique au Cinéma Le Studio JEUDI 30 NOVEMBRE 2017 // 20h30
Proposée dans le cadre du Mois du Film Documentaire

 

SOME CALL IT LOVING (SLEEPING BEAUTY)

Un film de James B. HARRIS (États-Unis, 1973) 
DCP/vostf/Drame onirique

Un saxophoniste de jazz acquiert dans une fête foraine une attraction inédite : une Belle au bois dormant plongée dans le sommeil depuis huit ans et que seul un baiser peut réveiller. Pour 20 000 dollars, il l'emporte dans le manoir où il vit avec deux femmes.

Producteur des premiers Kubrick et réalisateur trop rare, James B. Harris baigne ce conte cruel adapté de la nouvelle de John Collier dans une atmosphère trouble et mélancolique, ouatée et vénéneuse.

Présentation/débat MARDI 23 JANVIER 2018 // 20h30
Film proposé par le Cinéma Le Studio du 17 au 30 JANVIER 2018

SOME CALL IT LOVING

12 septembre 2017

PHASE IV de Saul BASS (1973) - Présentation-débat MARDI 19 SEPTEMBRE 2017//20h30

Séance présentée par Cannibale Peluche MARDI 19 SEPTEMBRE à 20h30
Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche le soir de la présentation : 2 €.
Film projeté du 13 AU 27 SEPTEMBRE 2017 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)

PhaseIV AFFICHE WEB

PHASE IV
Un film de Saul BASS (Grande-Bretagne/États-Unis, 1973, 84')
Science-fiction/DCP/vostf
Production : Paul B. Radin pour Paramount Pictures
Scénario : Mayo Simon
Photographie : Dick Bush
Effets spéciaux : John Richardson
Effets visuels : Rex Neville
Montage : Willy Kemplen
Musique : Brian Gascoigne
Avec Nigel Davenport (Dr Ernest D. Hubbs), Michael Murphy (James R. Lesko), Lynne Frederick (Kendra Eldridge), Alan Gifford (Mr Eldridge), Helen Horton (Mildred Eldridge)...
Distributeur :
Swashbuckler Films

Deux scientifiques sont dépêchés sur un site en Arizona afin d'enquêter sur l'apparition d'étranges structures et motifs géométriques. Ils découvrent que des événements cosmiques ont permis aux fourmis d'accéder à un stade d'évolution supérieur.

« ADAPT OR DIE. »

L'unique long-métrage du graphiste Saul Bass, auteur de légendaires génériques conceptuels pour Hitchcock (Sueurs froides, Psychose), Preminger (L'Homme au bras d'or, Autopsie d'un meurtre) ou Scorsese (Les Affranchis, Casino), est le lieu d'une méditation métaphysique et psychédélique qui inverse les rapports de l'Humanité à son environnement. La Terre devient ainsi une planète inhospitalière, d'une étrangeté extraterrestre, tandis qu'une espèce « inférieure » acquiert soudainement une position dominante, faisant de l'Homme son sujet d'étude et animal de laboratoire. 

S'il adopte les codes du film de siège, lesquels articulent la lutte menée par un groupe contraint à un enfermement anxiogène par une menace extérieure insaisissable, innombrable et énigmatique, ceux-ci sont au service de l’opposition entre deux mondes, deux organisations sociales distinctes vouées à l'affrontement et, peut-être, à une révolution. 

Le cinéaste trouve dans cette thématique matière à prolonger les expérimentations plastiques, architecturales, abstraites engagées sur ses nombreux titles designs et les trois courts-métrages qu'il avait réalisés jusqu'alors. Saisissantes, ces images seront néanmoins jugées superfétatoires par la Paramount, dont la production mutilera le déluge visionnaire qui venait conclure dans son montage initial ce fleuron de la science-fiction adulte.

Film projeté du 13 au 27 SEPTEMBRE 2017 au STUDIO (3, rue du général Sarrail – Le Havre) http://www.cinema-le-studio.fr/

Autres séances : Mercredi 13 septembre/16h30, Jeudi 14 septembre/18h30, Vendredi 15 septembre/20h30, Samedi 16 septembre/16h30, Dimanche 17 septembre/18h30, Mercredi 20 septembre/18h30, Jeudi 21 septembre/20h30, Vendredi 22 septembre/18h30, Samedi 23 septembre/20h30, Dimanche 24 septembre/16h30, Mardi 26 septembre/18h30.

Phase IV visage

PHASE IV

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19 juillet 2017

A SUIVRE MARDI 19 SEPTEMBRE...

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07 juin 2017

LA PLANÈTE DES VAMPIRES de Mario BAVA (1965) - Présentation-débat MARDI 13 JUIN 2017 // 20h30

Séance présentée par Cannibale Peluche MARDI 13 JUIN à 20h30
Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents Cannibale Peluche le soir de la présentation : 2 €.
Film projeté du 7 AU 20 JUIN 2017 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)

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LA PLANÈTE DES VAMPIRES
[TERRORE NELLO SPAZIO]
Un film de Mario BAVA (Italie-Espagne, 1965, 88')
Science-fiction gothique/DCP/vostf
Production : Fulvio Lucisano pour Italian International Film
Scénario : Mario Bava, Alberto Bevilacqua, Callisto Cosulich, Ib Melchior, Antonio Roman, Rafael J. Salvia d'après la nouvelle de Renato Pestriniero : Una notte di 21 ore 
Photographie : Antonio Rinaldi, Antonio Perez Olea, Mario Bava
Effets spéciaux : Mario Bava, Carlo Rambaldi
Montage : Romana Fortini, Antonio Gimeno
Musique : Gino Marinuzzi Jr.
Avec Barry Sullivan (Capitaine Mark), Norma Bengell (Sanya), Angel Aranda (Wess), Evi Mirandi (Tiona), Stelio Candelli (Mud)...

Distributeur : La RabbiaBac Films

Deux vaisseaux spatiaux, l'Argos et le Galliot, sont attirés sur une planète inconnue par un énigmatique signal sonore. Rendue brièvement inconsciente par un atterrissage chaotique, la quasi-totalité de l'équipage de l'Argos se réveille prise de pulsions homicides. Les forcenés, promptement maîtrisés par le commandant, finissent par retrouver leurs esprits et découvrent bientôt que leurs homologues du Galliot se sont entre-tués.

«Comme des cercles lumineux, au coin de mon œil. Mais lorsque j'ai regardé, ils avaient disparu. »

En alternance avec ses gialli (thrillers mêlant enquête, fantastique et érotisme), Mario Bava n'aura eu de cesse d'œuvrer à des variations sur l'épouvante gothique, courant qu'il avait initié dans le cinéma italien dès 1960 en réalisant Le Masque du démon. Après la flamboyante hybridation avec le péplum de Hercule contre les vampires (1961), La Planète des vampires constitue un mariage inédit entre le gothique et la science-fiction. 

Cas exemplaire de production désargentée dont l'inventivité d'un metteur en scène parvient spectaculairement à transcender les carences matérielles, La Planète des vampires est un panorama tout en poésie artisanale des truquages et procédés optiques dont Bava était prodigue : travail pictural sur la couleur et omniprésence de brumes pour instiller relief et étrangeté à un décor dépouillé ; surimpressions et défilement de la pellicule à l'envers ; emploi de l'effet Schüfftan, dont les jeux de miroirs inclinés inscrivent les personnages dans des architectures (faussement) cyclopéennes... L'univers purement artificiel ainsi déployé devient un enfer géométrique aux couleurs exacerbées, un no man's land propice à des allers-retours sans issue et à l'expression des obsessions morbides du cinéaste. L'indifférenciation de personnages vêtus du même uniforme, la symétrie parfaite de certains plans, la thématique du double et le phénomène de possession central au récit confèrent à ce space opera unique un trouble cauchemardesque à la croisée de L'Invasion des profanateurs de sépulture (1956) et d'Alien, qui en reprendra nombre d'éléments scénaristiques quatorze ans plus tard.

Autres séances : Jeudi 8 juin/20h30, Samedi 10 juin/16h30, Vendredi 16 juin/18h30, Samedi 17 juin/20h30, Dimanche 18 juin/20h30, Mardi 20 juin/18h30.

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11 avril 2017

R100 de Hitoshi Matsumoto (2013) - Séance unique JEUDI 27 AVRIL // 20h30

Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche : 2 €.

Cinéma Le Studio (3, rue du Général Sarrail – Le Havre)

AFF R100

R100

Un film de Hitoshi MATSUMOTO (Japon, 2013, 99') 
Comédie SM / DCP/ vostf
Production : Keisuke Konishi, Natsue Takemoto, Hisaya Shiraiwa, Akihiko Okamoto pour Yoshimoto Kogyo Co. Ltd
Scénario : Hitoshi Matsumoto, Mitsuyoshi Takasu, Tomoji Hasegawa, Kôji Ema & Mitsuru Kuramoto
Directeur de la photographie : Kazunari Tanaka
Direction artistique : Etsuko Aikô
Montage : Yoshitaka Honda
Musique : Shûichi Sakamotô, Shûichiro Toki, Ludwig van Beethoven...

Avec Nao Ômori (Takafumi Katayama), Eriko Sato (La Reine de la Destruction), Hairi Katagiri (La Reine de la Gloutonnerie), Mao Daichi (La Reine des Voix), Shinobu Terajima (La Reine du Fouet), Ai Tominaga (La Reine de la Violence), Naomi Watanabe (La Reine de la Salive)...

Interdit - 100 ans

Quadragénaire anonyme, Takafumi Katayama partage son temps entre son travail de vendeur en mobilier et décoration d'intérieur au sein une grande enseigne, les visites quotidiennes qu'il rend à son épouse hospitalisée depuis trois ans dans un état végétatif avancé et l'éducation de leur jeune fils, qui ignore tout de l'état de santé de sa mère. Mari et père dévoué, il décide néanmoins de raviver sa libido en frappant à la porte d'un mystérieux club à la raison sociale générique : Bondage. L'engagement qu'il signe alors lui promet les brimades les plus impitoyables, les humiliations les plus savantes et les plaisirs douloureux les plus irradiants. Un résultat dont l'intensité est d'autant moins à mettre en doute que les services ne sont pas prodigués dans la confidentialité de l'établissement, mais surviennent de façon impromptue dans la vie du client sans qu'il lui soit possible d'opposer la moindre plainte ou rétractation avant l'expiration du contrat. Bientôt, avanies diverses et maîtresses dominatrices aux spécialités inusitées s'invitent dans toutes les sphères de l'existence de Takafumi.

Après la (relative) sobriété narrative du déjà fort masochiste Saya Zamouraï (2012) et son questionnement sur la servitude de l'amuseur trente fois sur le métier condamné à remettre son ouvrage (et sur le billot sa tête) pour arracher l'ombre d'un sourire à un public impassible, Hitoshi Matsumoto revient aux deux lois fondamentales qui présidaient aux stupéfiants Big Man Japan (2007) – programmé en mai 2013 – et Symbol (2009) : le mélange des genres frappé de combustion lente et l'imprévisibilité maximale.

Il serait criminel de dévoiler les registres et genres abordés ou visités le temps d'une séquence par un récit dont le tiers initial adopte le vernis d'un drame familial intimiste bon tient baignant dans un camaïeu sépia, au diapason de la routine de son protagoniste principal et de l'apathie de ses concitoyens. On se contentera de suggérer que les glissements d'un univers à un autre s'opèrent dans un premier temps avec une économie d'effets qui pare les apparitions des inflexibles dominas d'un authentique trouble surréaliste, et qu'à la faveur d'une désopilante mise en abyme, le cinéaste-humoriste-écrivain-animateur de télévision parvient dans un triple mouvement à interroger les limites des trouvailles et basculements déments qui ont fait la réputation de ses films ; célébrer la liberté anarchiste d'un immense réalisateur japonais récemment décédé ; enfin, renvoyer le spectateur à sa tentation-réflexe de surinterpréter la moindre information qui lui est trop ostensiblement livrée en pâture.

C'est tout aussi malicieusement que Matsumoto offre à Nao Ômori – acteur resté célèbre pour son interprétation de l'assassin éponyme, instable et « 100 % sadique » de Ichi The Killer (Takashi Miike, 2001) et sa préquelle 1-Ichi (Masato Tanno, 2003) – d'endosser les affres d'un masochiste insatiable entraîné par ses pulsions dans une escalade de tribulations farfelues. Le rapport dialectique sadisme/masochisme qu'Ichi entretenait avec le personnage de Kakihara (Tadanobu Asano) dans le film de Miike trouve d'ailleurs ici la résolution la plus estomaquante qui soit. 

Adeptes des récits linéaires qui se doivent de « faire sens » à tout coup, des enchaînements logiques rutilants de cartésianisme et des films charitablement livrés avec leur mode d'emploi, vous voilà prévenus !

R100

R100 Panneau

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01 avril 2017

LES MONDES ANIMÉS DE JEAN-MANUEL COSTA – Projection/rencontre MERCREDI 12 AVRIL 2017 // 14h00

Tarifs : de 2,50 € à 4,50 €.

Public : à partir de 8 ans.

Centre associatif et culturel La Forge – rue Frédéric Chopin, 76700 Harfleur. Ouverture des portes à 13h45.

Renseignements : Accueil La Forge – 02.35.13.30.09

Affiche 12 avril

Cinéaste bien connu des familiers des Cannibales Séances, Jean Manuel Costa sera à l'honneur lors de cette projection-rencontre jeune public autour de son univers, organisée en partenariat avec le Service Culturel de la Ville d'Harfleur.

Réalisateur et créateur d'effets spéciaux, Jean Manuel Costa est l'un des spécialistes français de l'animation. Ses courts-métrages, qui mêlent fantastique et poésie, lui ont valu de multiples récompenses dont deux César, respectivement pour La Tendresse du maudit en 1982 et Le Voyage d'Orphée en 1984, et le titre de « Ray Harryhausen français » (en référence au concepteur des effets spéciaux de Jason et les Argonautes) décerné par le magazine L’Écran Fantastique.

À l'occasion de cette séance exceptionnelle, les spectateurs sont invités à découvrir une sélection de 7 courts-métrages, réalisés principalement en stop motion (animation en volume image par image), suivi d'une rencontre avec l'artiste. Accompagné de quelques-uns de ses personnages (des pantins préservés intacts depuis plus de trente ans), il expliquera aux petits et aux grands les secrets de ses « tours de magie ».

Films présentés :

  • La Bague magique (1972) 5'43

  • La Fleur et le chien (1977) 2'34

  • Le Repas du guerrier (1975) 3'51

  • Un amour d'Hoffmann (1991) 12'48

  • La Ballerine et le ramoneur (1992) 8'08

  • La Tendresse du maudit (1980) 9'27

  • Le Voyage d'Orphée (1983) 11'34

Costa et figurines (C)

(Jean Manuel Costa sur le tournage du Voyage d'Orphée.)

Site de Jean Manuel Costa

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21 février 2017

THE DUKE OF BURGUNDY de Peter Strickland - Séance unique JEUDI 2 MARS 2017 // 20h30

Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents (bien avisés) de Cannibale Peluche : 2 €

Cinéma Le Studio (3, rue du général Sarrail – Le Havre)

affiche the duke

THE DUKE OF BURGUNDY
Un film de Peter STRICKLAND (Royaume-Uni/Hongrie, 2014, 104') Drame érotique/DCP/vost
Production :  Andy Starke, Lizzie Francke, Hanna Higgs, Ildiko Kemeni, Ben Wheatley, Amy Jump pour Rook Films, Pioneer Pictures, BFI, Film4
Scénario : Peter Strickland
Directeur de la photographie : Nic Knowland
Décorateur : Pater Sparrow
Montage : Matyas Fekete
Musique : Cat's Eyes
Avec Chiara D'Anna (Evelyn), Sidse Babett Knudsen (Cynthia), Fatma Mohamed (l'ébéniste), Zita Kraszkó (Dr Schuller), Kata Bartsch (Dr Lurida), Eszter Tompa (Dr Viridana), Monica Swinn (Lorna)...

Interdit - 12 ans

Dans une contrée d'Europe centrale exclusivement peuplée de femmes, deux lépidoptéristes, Evelyn (Chiara D'Anna) et Cynthia (Sidse Babett Knudsen, l'héroïne Premier ministre de la série Borgen - Une femme au pouvoir), voient leur relation menacée par la répétition d'un quotidien fait de contraintes ritualisées. Soumise aux désirs et mises en scène sadomasochistes imposés par sa compagne, de plusieurs années sa cadette, Cynthia commence à se lasser du rôle de dominatrice qu'elle doit endosser jour après jour. Alors que l'automne jette ses derniers feux, le couple affronte frustrations, doutes et jalousie sur fond de fétichisme omniprésent.

Coproduit par Ben Wheatley et Amy Jump (Touristes, High-Rise), The Duke of Burgundy est né du projet avorté de tourner un remake de Lorna, l'exorciste/Les Possédées du diable (1974) de Jesús Franco. Si Peter Strickland revendique d'évidents emprunts et citations puisés dans l’œuvre du cinéaste espagnol, notamment via les surimpressions inspirées du génial Venus in Furs (1969) qui viennent sublimer les ébats des deux amantes, ou encore la présence discrète, mais ô combien signifiante, de Monica Swinn (actrice récurrente chez Franco entre 1972 et 1979), la démarche très personnelle du réalisateur anglais parvient à contourner l'écueil du pastiche stérile et figé.

Peter Strickland poursuit en fait le travail de mise en abyme de genres cinématographiques jadis déconsidérés qui se trouvait déjà au cœur de Katalin Varga (2008) et Berberian Sound Studio (2012), ses deux précédents longs-métrages. Après le film de vengeance et le giallo, c'est donc au tour d'un certain cinéma européen des années 60/70, où l'érotisme, le baroque et l'étrange étaient indissociablement liés, d’être revisité selon une approche aussi fine que tout en paradoxes : les motifs et inventions stylistiques des films de référence sont réemployés, souvent réinterprétés, en vertu de l'intensité émotionnelle qu'ils confèrent aux troubles de personnages dont l’univers se délite.

La construction cyclique et hautement sensitive de The Duke of Burgundy invite ainsi le spectateur à dépasser ses attentes et la stricte reconnaissance de « codes » appartenant à la mémoire du cinéma pour s'attacher aux variations, parfois aussi fugaces qu'un regard, qui surviennent dans la répétition de scènes sans cesse rejouées. D'un sujet typé « exploitation » (un couple de lesbiennes et ses jeux sadomasochistes) pouvant laisser craindre - ou espérer - des débordements graphiques, le film, qui proscrit la nudité sans pour autant compromettre son atmosphère d’extrême sensualité, devient une étude teintée d'humour surréaliste sur une relation amoureuse mise à l'épreuve du temps.

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07 janvier 2017

THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW de Jim SHARMAN - Séance Ciné-Rock MARDI 24 JANVIER 2017 // 20h30

Affiche The Rocky Horror Picture Show mail

Deux séances spéciales autour du film :

- MARDI 24 JANVIER à 20h30 : Séance Ciné-Rock en partenariat avec l'association Havre de CinémaPROJECTION ANIMÉE PAR DEUX ANIMATEURS DU STUDIO GALANDE (PARIS)

- JEUDI 26 JANVIER à 20h30 : projection-débat présentée par Cannibale Peluche

Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents Cannibale Peluche mardi 24 et jeudi 26 janvier : 2 €. Réduction adhérents Havre de Cinéma : Soirée Ciné-Rock mardi 24/01.

Film projeté du 18 au 31 JANVIER 2016 au Cinéma Le Studio (3, rue du général Sarrail – Le Havre)

Interdit - 12 ans

THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW
Un film de Jim SHARMAN (Royaume-Uni/États-Unis, 1975, 100') DCP, vost
Production :  Michael White, Lou Adler, John Goldstone pour Michael White Productions Ltd/Twentieth Century Fox
Scénario : Jim Sharman, Richard O'Brien, d'après la comédie musicale de Richard O'Brien
: The Rocky Horror Show (1973)
Directeur de la photographie : Peter Suschitzky

Direction artistique :
Terry Ackland-Snow
Costumes :
Sue Blane
Montage :
Graeme Clifford
Paroles et Musique : Richard O'Brien
Avec Tim Curry (Dr Frank-N-Furter), Susan Sarandon (Janet Weiss), Barry Bostwick (Brad Majors), Richard O'Brien (Riff Raff), Patricia Quinn (Magenta), Nell Campbell (Columbia), Peter Hinwood (Rocky Horror), Meat Loaf (Eddie)... 

Brad et Janet, fiancés de fraîche date, sont contraints de passer la nuit dans un château isolé, où ils sont accueillis par d'étranges fêtards. Sous l'influence de leur amphitryon, un travesti extraterrestre émule du baron Frankenstein dont les travaux tendent moins à un hypothétique progrès de l'humanité qu'à l'assouvissement d'une libido insatiable, les innocents tourtereaux basculent dans un univers charnel qui va balayer leurs inhibitions.

« CAUCHEMARS ÉROTIQUES AU-DELÀ DE TOUTE MESURE ET RÊVES SENSUELS À SAVOURER POUR TOUJOURS. »

Des nombreuses variations iconoclastes qui se sont attelées durant les turbulentes années 70 à satiriser/régénérer le mythe créé par Mary Shelley et ses poncifs à l'écran (Les Expériences érotiques de Frankenstein, Chair pour Frankenstein, Frankenstein Junior...), The Rocky Horror Picture Show demeure la seule à avoir acquis le statut de film « culte ». Au point de faire partie des rares films à pouvoir honnêtement s'enorgueillir de ce label si galvaudé, grâce aux projections participatives qui continuent de célébrer ses bienfaits euphorisants et émancipateurs. Si les trouvailles parodiques et les clins d’œil y abondent, dans l'esprit d'une période où codes et conventions de l'Histoire du cinéma étaient volontiers plongés dans un bain acide, deux atouts majeurs ont permis au film de transcender la simple séduction générationnelle et les chapelles cinéphiles auxquelles il semblait voué.

D'une part, ses fameuses chansons et leur théâtralité flamboyante adaptées de la comédie musicale originelle écrite et montée en 1973 par un Richard O'Brien frais émoulu de la troupe de Jesus Christ Superstar, d'autre part, une apologie de la liberté sexuelle comme du brouillage des codes masculins et féminins au profit d'un fétichisme omniprésent et de l'affirmation de l'individu et de ses désirs. Héritier déluré des freaks qui ont hanté quatre décennies de cinéma fantastique anglo-saxon et des icônes ambiguës du glam rock, le Rocky Horror... est en cela un récit initiatique dont le « time warp », cette distorsion temporelle tant invoquée par les protagonistes, encapsule indistinctement un regard tendre et ludique en direction du passé, une parenthèse hédoniste et fragile qui n'échappe pas au désenchantement de son époque, et une chambre d'écho des remises en question contemporaines liées aux genres et aux identités sexuelles.

Autres séances : Mercredi 18 janvier/16h30, Jeudi 19 janvier/18h30, Samedi 21 janvier/16h30, Mercredi 25 janvier/18h30, Jeudi 26 janvier (PROJECTION-DÉBAT PRÉSENTÉE PAR CANNIBALE PELUCHE) Samedi 28 janvier/20h30, Dimanche 29 janvier/16h30, Mardi 31 janvier/18h30.

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10 novembre 2016

DANS LE FEU DE L'ACTION : 90 ANS DE CINÉMA D'ACTION INDONÉSIEN + LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES - Séance unique

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Séance unique EN PRÉSENCE DE BASTIAN MEIRESONNE (auteur et réalisateur)

Proposée par Cannibale Peluche dans le cadre du Mois du Film Documentaire
JEUDI 24 NOVEMBRE à 20h30 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)
Tarif unique : 5 € ; Adhérents (bien avisés de Cannibale Peluche : 2 €.

DANS LE FEU DE L'ACTION : 90 ANS DE CINÉMA D'ACTION INDONÉSIEN

[GARUDA POWER: THE SPIRIT WITHIN]
Couleur/DCP/77 mn/vostf/Documentaire
Un film de Bastian MEIRESONNE (France-Indonésie, 2014, 77')
Production : Julien Thialon, Cécile Jeune pour Shaya Productions, Bastian Meiresonne
Scénario : Bastian Meiresonne
Directeur de la photographie : Fahim Rauyan
Montage : Cédric Tromeur
Musique : David Tandayu
Avec Budi Nugruho (Jaka Sembung jeune), Rudolf Puspa (Jaka Sembung jeune)...
Distributeur : Shaya Productions

Dès 1926, le cinéma indonésien s'est lancé dans la production de longs-métrages d'action, en dépit des contraintes techniques et étatiques qui jalonnèrent son Histoire. De récits mythologiques en exploits physiques mâtinés de magie noire, le genre s'est forgé une identité propre et variée au fil des décennies. Alternant entretiens avec des témoins privilégiés de ses métamorphoses et nombreux extraits de films rares voire perdus, DANS LE FEU DE L'ACTION... revient sur la richesse oubliée d'un patrimoine populaire et de ses réinventions sous influences exogènes depuis les coproductions hollandaises, chinoises ou japonaises qui firent florès avant l'indépendance de 1949 jusqu'au récent succès international de THE RAID 1 et 2 de Gareth Evans, en passant par les fictions cathartiques de "résistance" masquée produites durant la dictature de Suharto entre 1966 et 1998. Un hommage précieux à la vitalité d'un genre protéiforme et au travail de ses artisans tout autant qu'un appel à la perpétuation d'une tradition qui, frappée par le déclin de l'industrie locale, peine à retrouver le chemin du grand écran ces deux dernières décennies.

Documentaire suivi du long-métrage :

LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES

[GOLOK SETAN / THE DEVIL'S SWORD / KORAL LE JUSTICIER]
Couleur/numérique/101mn/vostf/Fantasy
Un film de Ratno TIMOER (Indonésie, 1983)
Production : Gope Samtani, Sabirin Kasdani pour Rapi Films 
Scénario : Imam Tantowi
Directeur de la photographie : Herman Susilo
Direction artistique : El Badrun
Direction des combats : Hery Mulyadi Sukarino
Montage : Muskin E. Hamzah
Musique : Gatot Sudarto
Avec Barry Prima (Mandala), Advent Bangun (Banyujaga), Enny Christina (Pitaloka), Sri Gudhi Sintara (Ratu Siluman Buaya Putih, Reine des crocodiles), Kandar Sinyo (Abirawa)...
Distributeur (DVD) : Mondo Macabro

Une épée magique forgée dans une météorite par un sorcier devient l'enjeu d'une lutte à mort entre un valeureux guerrier et la Reine des crocodiles, souveraine aussi avide de puissance que d'étreintes charnelles.
Porté par une bande originale planante, saturé de péripéties aussi extravagantes que délicieusement artisanales, volontiers gore, LE JUSTICIER... est peut-être l'exemple de fantasy le plus stupéfiant (dans l'acception hallucinogène du terme) que pouvait offrir le cinéma indonésien au début des années 80. Futur réalisateur du fort peu rationnel LES 3 FURIES DU NINJA en 1988, le cinéaste et acteur Ratno Timoer y livre une singulière acclimatation des films de sword and sorcery qui connaissaient alors leur heure de gloire sur les écrans occidentaux. Si l'influence de CONAN LE BARBARE (1982) de John Milius vient spontanément à l'esprit, la propension au mélange des genres – auquel s'ajoute ici le recours systématique à des affrontement martiaux ! – de cette quête entre terre ferme et profondeurs sous-marines orgiaques évoque en définitive bien plus l'étrangeté de CONQUEST de Lucio Fulci, tourné la même année. Un voyage fantasmagorique à l'atmosphère languide, entre folklore local et inventivité candide renvoyant à l'enfance du cinéma.

DANS LE FEU DE L'ACTION : 90 ANS DE CINÉMA D'ACTION INDONÉSIEN

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 LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES

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Soirée proposée dans le cadre du Mois du Film Documentaire en partenariat avec Lire au Havre, la Bibliothèque et le Service Culturel de l’Université du Havre, le Festival Du grain à démoudre, MuMaBox le Pôle Image Haute-Normandie.

Mois du film documentaire : le cinéma autrement

Pour cette 17 è édition, le réseau des bibliothèques, la Bibliothèque Universitaire, le Service Culturel de l'Université du Havre, le MuMa, l'association " Du grain à Démoudre " et le Pôle image de Normandie, s'associent pour la huitième année afin de proposer des rencontres et des projections de films documentaires.

http://lireauhavre.f

26 octobre 2016

ÇA CAUSE CINÉMA DANS LE POSTE

Un Cannibale assermenté détaille avec délice le menu de la saison nouvelle et un sémillant projectionniste-programmateur rappelle quelques raisons imparables de fréquenter le Cinéma Le Studio.
Un grand merci à Du Grain À Démoudre : l'émission et Ouest Track Radio.

 

 

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13 octobre 2016

THE THING (1982) de John CARPENTER - Présentation par Cannibale Peluche MERCREDI 19 OCTOBRE 2016 // 20h30

affiche the thing Studio

Séance présentée par Cannibale Peluche MERCREDI 19 OCTOBRE à 20h30
Film projeté du 12 AU 30 OCTOBRE 2016 au STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)
Tarifs : 6,50 € ; TR : 5,50 € ; Étudiants : 3 € ; Adhérents Cannibale Peluche le soir de la présentation : 2 €.
Interdit - 12 ans

THE THING
Un film de John CARPENTER (États-Unis, 1982, 104') DCP, vost
Production : David Foster, Lawrence Turman pour Turman-Foster Company/Universal Pictures
Scénario : Bill Lancaster, d'après la nouvelle La Bête d'un autre monde de John W. Campbell Jr. 
Directeur de la photographie : Dean Cundey
Montage : Todd Ramsay
Effets spéciaux : Rob Bottin, Roy Arbogast, Albert Whitlock (& Stan Winston)
Musique : Ennio Morricone
Avec Kurt Russell (R.J. MacReady), Keith David (Childs), Wilford Brimley (Dr Blair), T.K. Carter (Nauls), David Clennon (Palmer), Richard Dysart (Dr Copper)...
Distributeur : Splendor Films

L'Antarctique. Des chercheurs américains recueillent un chien-loup après que deux Norvégiens qui le pourchassaient en hélicoptère ont connu une mort violente. Rendus à la station de leurs homologues, ils découvrent parmi les ruines un étrange cadavre calciné qu'ils emportent pour l'examiner. Quelques heures plus tard, alors qu'une tempête de neige les contraint à l'isolement total, les douze hommes s'aperçoivent qu'un organisme extraterrestre capable de dupliquer le métabolisme de son hôte s'est introduit dans la base et a entamé son travail d'infection...

« ‒ Il ne reste qu'à attendre des secours, au printemps. 

L'un de nous n'est pas ce qu'il paraît être. Au printemps, il ne sera peut-être pas le seul. »

Adaptation d'une nouvelle de science-fiction déjà portée à l'écran en 1951 par Christian Nyby et Howard Hawks avec La Chose d'un autre monde, The Thing est le premier long-métrage réalisé par John Carpenter  ̶  encore auréolé du triomphe de Halloween, La Nuit des masques (1978)  ̶  pour le compte d'un grand studio. Trop inconfortable et pessimiste pour l'Amérique reaganienne, The Thing finira par être reconnu comme une œuvre majeure et un diamant d'une noirceur abyssale qui venait couronner la première partie de carrière du cinéaste dans le circuit indépendant.

Le travail thématique, plastique et musical entrepris avec Assaut (1976) trouve un aboutissement tel qu'il fera du film le premier volet d'une trilogie informelle, dite « de l'apocalypse », incluant Prince des ténèbres (1987) et L'Antre de la folie (1994). Apocalyptique, The Thing l'est à l'évidence, fort de sa mise en scène génératrice d'une claustrophobie et d'une paranoïa constantes, son CinémaScope d'une précision somptueusement anxiogène, sa partition au minimalisme oppressant signée Ennio Morricone, et son art du découpage comme du montage qui cultivent la suspicion en maintenant hors-champ la contamination des personnages pour mieux dévoiler dans toute leur audace quasi obscène des mutations donnant forme(s) à l’innommable.

Autres séances : Mercredi 12 octobre/20h30 (séance organisée par le ciné-club de l'ENSM), Vendredi 21 octobre/20h30, Samedi 22 octobre/18h30, Dimanche 23 octobre/20h30, Mercredi 26 octobre/20h30, Vendredi 28 octobre/18h30, Samedi 29 octobre/20h30, Dimanche 30 octobre/18h30


THING (1982) serré

01 septembre 2016

AU DERNIER CHIC PELUCHIEN : LE T-SHIRT

T-shirtT-shirt noir 4 couleurs recto

Existe en tailles S, M, L et XL pour hommes, et S et M pour femmes

Fabrication : Goeland

13 € (+ 3 € frais de port).

Commandes :

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Canalblog

cannibalepeluche@hotmail.fr

Association Cannibale Peluche - 13 passage Gavarni 76600 Le Havre

 

Être un spectateur peluchoïde, c'est bien. Lier d'un même mouvement d'épaule assiduité aux Cannibales Séances et élégance qui se rit des saisons, c'est mieux !

Soyons honnêtes, au risque d'être brutaux : le printemps arrive en tapinois, l'été menace... Passé le beau week-end anniversaire des 13, 14 & 15 mai au Studio, et l'ultime séance de la saison le 16 juin, ce sera la trêve estivale. Il faudra s'y résigner. Certes, de doux souvenirs et d'intenses découvertes se rappelleront à vous, mais il manquera un témoignage empirique que vous pourrez arborer en toute circonstance.

Le T-shirt Cannibale Peluche cuvée 2016 ne donne droit à aucune réduction en quelque endroit que ce soit, quoique son potentiel de séduction ne saurait être négligé, mais grâce à lui vous pourrez affirmer, sans vous perdre en délicates justifications aux yeux des incrédules, et ceci, notez-le bien, avec un cachet inégalable adossé à la plus grande simplicité : « J'y étais ! » Ou bien : « Ces salauds ne m'auront plus ! » Ou encore : « J'ai vomi. Trois fois. » ; « J'ai été souvent déçu, en bien ! » ; « Ma perception du cinéma a connu un ébranlement majeur : la majorité des affiches contemporaines me donne désormais l'impression d'être posté en boucle devant la porte de mon frigo » ; « J'ai perdu vingt-cinq ans de ma vie en nourrissant des préventions contre le gore indonésien » ; « Finalement, le cinéma tchèque, je m'en ferais des tartines tous les matins ! »... et tant de choses encore qui risqueraient de se perdre mollement là-bas, au fond à droite dans l'informulé.

Et puisque les précommandes sont ouvertes pour toute la France, les plus rusé(e)s, surmontant l'affliction des kilomètres qui les séparent du Studio, ne manqueront pas de se jeter sur l'adorable vêtement en édition limitée pour faire croire que... Nous ne saurions leur tenir rigueur de cette bénigne malhonnêteté.

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09 mai 2016

CONCERT : GILLES-DE-LA-TENTATION "B.O.F. !"

Photographie © Christophe LIVONNEN

CONCERT : GILLES-DE-LA-TENTATION "B.O.F. !"

SAMEDI 14 MAI / 18h30

CINÉMA LE STUDIO

3 rue du Général Sarrail - Le Havre

Pour l'anniversaire de Cannibale PelucheGilles ADAM fait son cinéma et la joue B.O.F. (entrée gratuite)

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Gilles ADAM - RUPTURE(S)

Une voix et une guitare accordées en seul. Évoluant sur un fil, fragile, il s'amuse avec la langue en comptant sur ses doigts. Jeux de mots, jeu d'acteur, Gilles Adam se sert de tous ses atouts pour s'exprimer sur scène.
Dans des formats pas toujours standards, il passe de l'élégance à l'humour potache, de la poésie à l'autodérision, chantant l'absence avec beaucoup de… présence !
Et comme il ne fait rien comme tout le monde, son projet rêvé n'est pas de réaliser un album mais un recueil de paroles...

« Artiste délicat, drôle et touchant, il mène son spectacle avec beaucoup de sensibilité. » (Ouest-France)

plaquette Rupture-s- recto reduit

plaquette Rupture-s- verso reduit

Facebook Gilles Adam

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12 avril 2016

CANNIBALE PELUCHE, LES 10 ANS : 13, 14 et 15 mai 2016 au Studio

flyer 10ans-couv

Le 1er avril 2006 naissait Cannibale Peluche. Pas plus fiers que ça de leur bonne blague oxymoro-calendaire propice à toutes les spéculations, ses géniteurs avaient déjà la tête ailleurs. Leurs pensées étaient tout entières tournées vers la création d'un rendez-vous régulier prônant une mêlée joyeuse et féconde où le fantastique taquinerait le film de sabre ; le polar yakuza chercherait d'aimables noises aux productions indépendantes méconnues ; le thriller chafouinerait des bandes érotiques variablement explicites ; le film de nonnes tomberait cornette devant le documentaire ; les folies turques laisseraient la place encore chaude à l'animation pour adultes ; les œuvres inclassables de tout horizon gamahucheraient les films dits de « genre » qui font rien qu'à pas respecter les codes du « genre »...

Soixante-deux longs-métrages et quarante-quatre courts plus tard, l'heure n'est pas à un pénible bilan gluant d'autosatisfaction sous couvert d'énumération des films diffusés, mais aux réjouissances ! Cannibale Peluche, en tout point conforme à son indécrottable décalage, fêtera ses 10 ans les 13, 14 et 15 mai 2016. Au STUDIO, comme il se doit, cinéma qui accueille et supporte les Cannibales Séances de toute éternité décennale. À défaut d'entonner un Veni Sancte Spiritus de circonstance (ou alors autour d'un verre entre les projections), nous vous convions à découvrir durant ces trois jours une programmation spéciale que nous avons souhaitée emblématique de quelques grands axes peluchiens, entre cinéma contemporain inédit au Havre, patrimoine commenté ou accompagné musicalement, et hommage à un regretté « cinéaste à tout prix » qui a fait les belles heures absurdes de l'association.

AU PROGRAMME 

flyer 10ans-interieur  

VENDREDI 13 MAI / 20h30

Hormona affiche

HORMONA

Bertrand MANDICO (France, 2015, 49') DCP, vostf / Anthologie charnelle

PREHISTORIC CABARET : Voyage au centre des organes d'une maîtresse de cérémonie. Y-A-T-IL UNE VIERGE ENCORE VIVANTE ? : Seules les paupières de Jeanne d'Arc ont été brûlées ; elle fait d'une demi-vierge son esclave. NOTRE DAME DES HORMONES : Deux actrices se disputent l'exclusivité d'un étonnant fétiche organique. Trois courts-métrages comme autant d'invitations à s'enivrer de l'univers de Bertrand Mandico, terre aussi féconde que psychédélique, née de la mémoire du cinéma et des arts, hantée par un rapport sensuel aux êtres et à la matière.

Précédé de S… SA… SALAM… SALAMMBÔ (Bertrand MANDICO, 2014, 7')

 

SAMEDI 14 MAI / 16h00

histcinecolorg

L'HISTOIRE DU CINÉMA 16

Jean-Jacques ROUSSEAU (Belgique, 1982, 54') Vidéo Objet Belge Non Identifié

Réalisateur autodidacte, Jean-Jacques Rousseau présente son dernier film, inachevé, à deux journalistes. La mise en abyme de sa pratique n'élude pas les conditions aléatoires de tournage. Premier volet d'une trilogie réflexive, cet essai autocritique s’inspire autant du cinéma d'action en vogue à l'époque que des affres de l'auteur. Hors de tout schéma, un incontournable du regretté cinéaste de l'absurde.

 

SAMEDI 14 MAI / 18h30

(photographie © Christophe LIVONNEN)

CONCERT : GILLES-DE-LA-TENTATION "B.O.F. !"

Pour l'anniversaire de Cannibale Peluche, Gilles ADAM fait son cinéma et la joue B.O.F. (entrée gratuite)

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+ Petit destockage Cannibale : DVD, livres, fanzines...

+ Restauration/buvette sur place jusqu'à 21h00

 

SAMEDI 14 MAI / 21h00

AfficheManoir Web

CINÉ-CONCERT : LE MANOIR DE LA PEUR

Alfred MACHIN (France-Maroc, 1924 [sorti en 1927], 72') DCP / Fantastique

L'arrivée d'un inquiétant inconnu et de son domestique sème la terreur dans un village du Midi. À quelles machiavéliques expériences peut bien se livrer l'étranger dans le manoir qu'il a investi ? Un film fantastique français rare et nourri d'influences expressionnistes, réalisé par un pionnier du cinéma. Les compositions de Brame redoubleront l'intensité de ces frissons oubliés.

ACCOMPAGNEMENT MUSICAL DE BRAME Copie restaurée par le CNC/Archives Françaises du Film

En partenariat avec l'association HAVRE DE CINÉMA

 

DIMANCHE 15 MAI / 16h00

King-Kong-affiche

MASTER CLASS : KING KONG

Merian C. COOPER & Ernest B. SCHOEDSACK (États-Unis, 1933, 100') DCP, vostf / Fantastique

Une équipe de cinéma accoste sur l'île du Crâne. L'actrice est enlevée par les indigènes pour être sacrifiée au Dieu Kong, un gigantesque gorille humanoïde. La fureur et le sort tragique de la Huitième Merveille du monde seront COMMENTES EN DIRECT PAR JEAN-MANUEL COSTA, réalisateur et spécialiste de l'animation image par image par deux fois lauréat du César du meilleur court-métrage pour Le Voyage d'Orphée et La Tendresse du maudit.

 

DIMANCHE 15 MAI / 18h30

AFF A TOUCH OF ZEN

A TOUCH OF ZEN

King HU (Taïwan, 1971, 180') DCP, vostf Film de sabre mystique

D'après le conte Vengeresse de PU Songling

Peintre et écrivain public, Gu Shengzai est pressé par sa mère de se marier. Charmé par sa mystérieuse nouvelle voisine, il découvre qu'elle fuit les troupes du grand eunuque après la mise à mort de son père pour trahison. Tournée sur plus de trois ans en décors naturels, une somptueuse parabole bouddhiste qui plonge la chevalerie chinoise dans des atmosphères à la lisière du fantastique.

TARIFS :

Chaque séance : 6,50 €

PASS 5 séances : 20 €

PASS 3 séances : 15 €

PRÉVENTES/CONTACT :

Facebook

CanalBlog

cannibalepeluche@hotmail.fr

Cinéma Le Studio 3, rue du Général Sarrail – 76600 Le Havre / Tél. 02 35 43 64 63

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Avec le soutien du CNC, La Ville du Havre, Havre de Cinéma, Cinéma Le Studio, GAGB.

11 avril 2016

LA CHAMBRE INTERDITE (2015) de Guy Maddin & Evan Johnson - Film proposé par Havre de Cinéma LUNDI 18 AVRIL 2016 // 20H45

La_Chambre_interdite

Séance unique proposée dans le cadre des Inédits de HAVRE DE CINÉMA LUNDI 18 AVRIL à 20h45

Présentée par Ludovic Lecomte (Association Cannibale Peluche)

Cinéma Sirius (99 avenue Foch – Le Havre)
Tarifs : 6,50 € ; Tarif adhérents Havre de Cinéma : 5,60 €

LA CHAMBRE INTERDITE [THE FORBIDDEN ROOM]

Un film de Guy Maddin & Evan Johnson (Canada, 2015, 119') DCP, vost 

Production : Phoebe Greenberg, Penny Mancuso, Phyllis Laing, David Christensen
Scénario : Guy Maddin, Evan Johnson, Robert Kotyk, John Ashbery, Kim Morgan
Photographie : Benjamin Kasulke, Stéphanie Anne Weber Biron
Montage : John Gurdebeke

Musique : Galen Johnson, Guy Maddin, Jason Staczek
Avec Roy Dupuis (Césaré/un forestier), Clara Furey (Margot), Mathieu Amalric (Thadeusz M./Le palefrenier), Charlotte Rampling (la mère du palefrenier), Udo Kier (L'obsédé des derrières/Le fidèle valet de chambre de Thad /Le Pharmacien), Maria de Medeiros (La Mère aveugle), Amira Casar (Mrs. M., la femme de Thadeusz), Géraldine Chaplin (La Passion Maîtresse/L'Infirmière)...

Distribution : ED Distribution

Panique à bord du sous-marin SS Plunger : l'oxygène vient à manquer, une gelée instable menace d'exploser en cas de remontée à la surface et le capitaine demeure introuvable. Un bûcheron apparaît soudain et narre à l'équipage ses démêlées avec la bande des Loups Rouges qui a enlevé sa dulcinée. Il ignore que celle-ci est parvenue à s'enfuir en rêve. Devenue amnésique, elle se retrouve chanteuse dans un cabaret de Bali, où elle interprète un air dédié à une créature vampirique locale : l'Aswang.

« Nous avons l’impression de représenter le rêve frénétique du cinéma, les fragments passionnés de la grande littérature et des romans de gare, les hurlements irrépressibles des émotions les plus primaires, tout cela dans un millier de couleurs sursaturées, et les lamentations et grognements des fantômes qui nous hantent. » (Guy Maddin)

Pétrie de mémoire cinéphilique, la filmographie de Guy Maddin est un chant d'amour déglingué à la flamboyance onirique du muet comme à la fragilité chimique du celluloïd. Entre mélodrames outrés prônant les rapprochements et unions les plus étranges, expérimentations narratives et plastiques sublimant les inventions comme les scories d'un âge primitif, et humour absurde propice à un imprévisible mélange des genres, des films tels que Careful (1992), Dracula, pages tirées du journal d'une vierge (2001) ou The Saddest Music in the World (2003) sont autant de voyages dans une autre dimension où l'artifice est roi.

À la fois archaïque et distancié, profondément romantique et irrémédiablement loufoque, l'univers du cinéaste canadien se cristallise avec La Chambre interdite en un pantagruélique film-gigogne. Plus que jamais, Maddin s'est fait médium pour invoquer les esprits de 17 films perdus, dont ceux de maîtres du premier siècle du cinéma. Les œuvres fantasmées de Vigo, Hitchcock, Naruse ou Stroheim... mais aussi de réalisateurs d’exploitation oubliés, ont ainsi été à nouveau filmées avec une pléiade d'acteurs, pour certains en état de transe, lors de recréations spirites au Centre Pompidou, durant l'édition 2012 de Un Nouveau Festival, et au Centre Phi à Montréal, avant d'être imbriquées et amalgamées sous la forme d'un roman-feuilleton frappé de fièvre tropicale. D'une gourmandise absolue, celle du conteur intarissable pour qui chaque récit, chaque genre, même le plus obscur, se doit d'être honoré dans toute sa beauté insolite, La Chambre interdite recèle d'inépuisables tiroirs, doubles fonds, carrefours et détours au fil de sa narration échevelée.

La Chambre interdite

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