La_Chambre_interdite

Séance unique proposée dans le cadre des Inédits de HAVRE DE CINÉMA LUNDI 18 AVRIL à 20h45

Présentée par Ludovic Lecomte (Association Cannibale Peluche)

Cinéma Sirius (99 avenue Foch – Le Havre)
Tarifs : 6,50 € ; Tarif adhérents Havre de Cinéma : 5,60 €

LA CHAMBRE INTERDITE [THE FORBIDDEN ROOM]

Un film de Guy Maddin & Evan Johnson (Canada, 2015, 119') DCP, vost 

Production : Phoebe Greenberg, Penny Mancuso, Phyllis Laing, David Christensen
Scénario : Guy Maddin, Evan Johnson, Robert Kotyk, John Ashbery, Kim Morgan
Photographie : Benjamin Kasulke, Stéphanie Anne Weber Biron
Montage : John Gurdebeke

Musique : Galen Johnson, Guy Maddin, Jason Staczek
Avec Roy Dupuis (Césaré/un forestier), Clara Furey (Margot), Mathieu Amalric (Thadeusz M./Le palefrenier), Charlotte Rampling (la mère du palefrenier), Udo Kier (L'obsédé des derrières/Le fidèle valet de chambre de Thad /Le Pharmacien), Maria de Medeiros (La Mère aveugle), Amira Casar (Mrs. M., la femme de Thadeusz), Géraldine Chaplin (La Passion Maîtresse/L'Infirmière)...

Distribution : ED Distribution

Panique à bord du sous-marin SS Plunger : l'oxygène vient à manquer, une gelée instable menace d'exploser en cas de remontée à la surface et le capitaine demeure introuvable. Un bûcheron apparaît soudain et narre à l'équipage ses démêlées avec la bande des Loups Rouges qui a enlevé sa dulcinée. Il ignore que celle-ci est parvenue à s'enfuir en rêve. Devenue amnésique, elle se retrouve chanteuse dans un cabaret de Bali, où elle interprète un air dédié à une créature vampirique locale : l'Aswang.

« Nous avons l’impression de représenter le rêve frénétique du cinéma, les fragments passionnés de la grande littérature et des romans de gare, les hurlements irrépressibles des émotions les plus primaires, tout cela dans un millier de couleurs sursaturées, et les lamentations et grognements des fantômes qui nous hantent. » (Guy Maddin)

Pétrie de mémoire cinéphilique, la filmographie de Guy Maddin est un chant d'amour déglingué à la flamboyance onirique du muet comme à la fragilité chimique du celluloïd. Entre mélodrames outrés prônant les rapprochements et unions les plus étranges, expérimentations narratives et plastiques sublimant les inventions comme les scories d'un âge primitif, et humour absurde propice à un imprévisible mélange des genres, des films tels que Careful (1992), Dracula, pages tirées du journal d'une vierge (2001) ou The Saddest Music in the World (2003) sont autant de voyages dans une autre dimension où l'artifice est roi.

À la fois archaïque et distancié, profondément romantique et irrémédiablement loufoque, l'univers du cinéaste canadien se cristallise avec La Chambre interdite en un pantagruélique film-gigogne. Plus que jamais, Maddin s'est fait médium pour invoquer les esprits de 17 films perdus, dont ceux de maîtres du premier siècle du cinéma. Les œuvres fantasmées de Vigo, Hitchcock, Naruse ou Stroheim... mais aussi de réalisateurs d’exploitation oubliés, ont ainsi été à nouveau filmées avec une pléiade d'acteurs, pour certains en état de transe, lors de recréations spirites au Centre Pompidou, durant l'édition 2012 de Un Nouveau Festival, et au Centre Phi à Montréal, avant d'être imbriquées et amalgamées sous la forme d'un roman-feuilleton frappé de fièvre tropicale. D'une gourmandise absolue, celle du conteur intarissable pour qui chaque récit, chaque genre, même le plus obscur, se doit d'être honoré dans toute sa beauté insolite, La Chambre interdite recèle d'inépuisables tiroirs, doubles fonds, carrefours et détours au fil de sa narration échevelée.

La Chambre interdite